« Et ma voix s'éleva dans les cieux, claire et mélodieuse. On l'avait toujours comparée à celle d'un ange, et mes amis avaient toujours pris plaisir à m'écouter chanter. Comment aurais-je pu savoir qu'elle les mènerait à leur perte ? »




Il y a une Organisation sous les ordres directs du Vatican qui est chargée d'éradiquer le Mal, représenté par un géant au ventre exubérant et au large sourire mielleux. Ce Mal, nous l'appelons le Comte Millénaire, et il est notre ennemi juré depuis que notre Ordre Noir a vu le jour.
Moi, je ne suis qu'une simple protagoniste de l'Histoire, et une combattante au sein de cet Ordre, une Exorciste. Nous luttons dans l'anonymat le plus total, sauvant le monde jour après jour du Comte et de ses Akumas, machines créées par le désespoir de l'humanité. Certains nous définissent comme des Élus de Dieu, des anges gardiens choisis par le Tout Puissant pour veiller sur cette terre qui est la Sienne.
J'ai cru à tout cela... avant que l'on t'enlève à moi.









L'univers de D.Gray-man et ses personnages appartiennent à Hoshino Katsura.
L'intrigue de la fanfiction ainsi que les personnages ne faisant pas partis
du manga appartiennent à leur propriétaire respectifs et à moi-même.
© Respectez les droits d'auteur !

# Posté le lundi 05 janvier 2009 15:33

16 août 1889 : Prélude. (Shinta Marian.)

Il faisait froid, si froid, et la froideur des lieux semblait pénétrer chaque recoin de mon corps, si frêle. Je tremblais de tout mon être, accroupie dans les ténèbres, les jambes retenues par mes bras, comme pour me réchauffer. Mais je savais que cela était vain. Je savais que le seul élément manquant à la chaleur était mon bonheur. Et ce bonheur s'en était allé avec toi.


Je me réveillai, les cheveux collés au visage par la sueur de mon angoisse. Mes mains étaient moites et pourtant, lorsque je me les passai sur le visage, des frissons me parcoururent. Ce rêve... paraissait si réel. Et l'atroce douleur que j'avais ressentie en découvrant la vérité m'étreignait encore le c½ur.
Le drap remua à mes côtés, révélant une chevelure de feu désordonnée. Sa chevelure de feu. Je soupirai : tout ceci n'avait été qu'un horrible cauchemar. Je n'avais aucune raison de m'inquiéter. Mais une voix m'intimait au plus profond de mon être de ne pas baisser ma garde. « Ils arrivent. »




# Posté le mardi 06 janvier 2009 15:56

Modifié le jeudi 08 janvier 2009 16:13

16 août 1889 : Avant le départ. (Shinta Marian.)

Pour la deuxième fois de la journée, je me réveillai, la couverture remontée jusqu'au dessus de mon nez. Après le choc de ma vision cauchemardesque évaporé, j'avais réussi à retomber dans les bras de Morphée.
Je me passai une main sur le visage, constatant non sans plaisir qu'elle avait recouvrée sa température habituelle. Je respirai profondément, clignant des yeux plusieurs fois, tentant ainsi de me convaincre que tout était normal, que je n'étais pas encore plongée dans un rêve qui tournerait mal. Le plafond de ma chambre était là, éclairé par les rayons du soleil qui filtraient à travers les rideaux encore tirés.
Une main passa affectueusement dans mes cheveux, prolongeant sa caresse jusque dans mon cou du bout de son index. Surprise, je me retournai, ayant encore du mal à revenir dans le monde réel, pour faire face à un jeune homme roux qui me souriait.

« Bonjour, fit-il en repoussant les quelques mèches qui me masquaient le visage.
Bonjour... Lavi, dis-je encore absente. »

Je me relevai, croisant les doigts et tendant mes bras pour les étirer, et certains os craquèrent, me faisant grimacer.
Il s'assit à côté de moi et embrassa le haut de mon dos. Ses baisers suivirent la courbe de ma nuque et montèrent jusqu'à mon oreille.

« Comment se fait-il que le Bookman ne t'ait pas appelé ?, demandai-je. »

J'eus le droit à une poussée vers l'arrière comme seule réponse, m'enfonçant à nouveau dans mon oreiller. Je voulus me débattre, ou simplement protester, mais mes lèvres furent emprisonnées dans les siennes. Il se plaça au-dessus de moi, ses bras de part et d'autre de ma tête, pour former une cage humaine. Lentement, il rompit le lien, sous mes yeux toujours écarquillés.

« Il sait que nous sommes le 16 août, répondit-il. Et comme chaque année depuis trois ans, nous allons à Londres pour revoir Basil. »

Je le fixai, me remémorant les évènements des derniers mois.

« Cette fois, nous avons failli ne pas lui rendre visite, pointai-je.
– On en a déjà discuté, non ? Il me fallait... du temps, soupira-t-il. »

J'acquiesçai, lui caressant tendrement la joue. Je me redressai, lui embrassai le front et descendis du lit, me hâtant de m'habiller. Il y avait une personne que je voulais à tout prix voir avant mon départ.

Je sortis de la chambre, laissant Lavi faire sa toilette matinale tranquillement. La mienne attendrait, j'étais bien trop préoccupée par l'objectif que je m'étais fixée. Et la personne que je cherchais, je savais où elle se trouvait en ce moment-même.
Sans attendre, je dévalai les escaliers. Je me mordis la lèvre en me rendant compte que j'avais totalement oublié de mettre une quelconque paire de chaussettes ou de simples pantoufles pour m'éviter la mort. Quelle idiote, des fois ! De plus, notre nouveau QG était -comme le précédent- tout de pierres bâti. De grosses pierres, grises, râpeuses, froides... et vraiment dégueulasses constatai-je au détour d'un énième couloir en voyant la plante de mes pieds noircie. J'envisageai, l'espace d'un instant, de me rendre à l'étage souhaité par le biais d'un des moyens de locomotions développés par notre chère et tendre section scientifique, mais la dernière en date avait bien failli envoyer la pauvre Oda à l'infirmerie.

Je pestai contre le Surintendant et ses idées plus farfelues les unes que les autres, quand je découvris que j'étais arrivée à destination. Le réfectoire était là, devant moi, ses multitudes de tables disposées çà et là dans la large salle (elle aussi bâtie de pierres froides). Je remarquai plusieurs de mes amis qui n'avaient pas noté ma présence. Heureusement, je n'avais pas envie de m'attarder trop longtemps ici... les pierres étaient vraiment froides !
Je trottinai sur la pointe des pieds et remarquai avec soulagement que la personne que je cherchais se trouvait bel et bien là, entourée d'une pile à l'équilibre douteux de verres, de bol et d'assiettes. Je m'assis en face d'elle sans qu'elle ne s'en aperçoive et pris un verre de lait qui tenait par je ne sais quel miracle, manquant de faire tomber la tour d'aliments au passage.

« Bonjour Ayumi !, gueulais-je un énorme sourire aux lèvres. »

Elle sursauta, faisant trembler la table par la même occasion. C'était l'effet recherché en même temps. En revanche, que la pile précaire tanguât dangereusement et s'écroulât dans un fracas de débris de porcelaine et de verre brisé, ça non.

« Bah bravo, dit-elle en explosant de rire. »

L'humour d'Ayumi était sûrement l'une de ses plus grandes qualités. Jamais elle ne s'énervait pour une mauvaise blague, sauf si la dite-blague visait à titiller son bien-aimé. Là, généralement, je battais tous les records au sprint pour éviter de me faire trucider.
Elle était aussi la gentillesse incarnée lorsque qu'il s'agissait de ses amis. Et j'avais la chance d'en faire partie. Elle nous faisait toujours passer avant elle... et je ne cessais de lui répéter d'être un peu plus égoïste. Mais elle s'obstinait à rester la douce et redevable Ayumi Hasegawa.
Elle me sourit, des larmes brillant encore aux coins de ses yeux, et recoiffa vivement ses cheveux. C'était sûrement le premier élément que les inconnus remarquaient en la croisant. Elle avait une tignasse blanche. Toute blanche. Ce n'était même pas un blond très très très très clair, non non. Un blanc, simple et pur, comme celui de la neige fraîchement tombée en hiver. Elle avait des yeux cendrés d'asiatique qui s'harmonisaient parfaitement avec sa chevelure et sa peau pâle.
Ayumi était de deux mois (un et demi plutôt) mon aînée. Elle me dépassait d'une bonne quinzaine de centimètres et ne manquait jamais une occasion pour me rappeler à quel point j'étais petite. La plus petite de toute la Congrégation peut-être !

« Tu voulais me dire quelque chose ?, questionna-t-elle.
– Mon train part en début d'après-midi... »

Je tournais le verre de lait entre mes mains, observant le liquide blanc former des vagues selon mes mouvements.

« Ton train... je ne comprends pas. Normalement, tu devais y aller si, et seulement si toi et Lavi étiez de nouveau ensem... »

Elle ne finit pas sa phrase. A mon avis, elle devait avoir compris... il est vrai que je ne l'avais pas avertie, cette fois.
Elle ne prit même pas la peine de se lever et de contourner la table pour me sauter au cou. Elle s'élança dans ma direction, renversant mon verre, et fit tomber les assiettes rescapées du premier assaut. Si j'étais une assiette, je maudirais les deux cruches que nous sommes.

« Kya ! (J'étais sourde.) Tu ne m'avais pas dit ! Je le savais ! Je le savais ! Vous ne pouviez que vous remettre ensemble !, hurla-t-elle à tue-tête.
– Mais vas-tu te taire ? Je te rappelle que c'est censé être secret... »

Les raisons à cela me faisaient grimacer à chaque fois. Lavi était un Bookman, un archiviste chargé d'écrire l'Histoire en restant impartial jusqu'au bout. Enfin, il n'était encore qu'en cours d'apprentissage, mais son maître, un homme aux allures de Panda mal léché, avait été clair en ce qui concernait ses relations : il ne devait pas s'attacher à autrui. Déjà qu'il tolérait qu'il veuille aider ses amis dans cette guerre, s'il apprenait que Lavi était amoureux...
Je n'osais imaginer ce qui aurait pu nous arriver.

Ayumi se plaqua brusquement les mains sur la bouche.

« Je suis désolée, bafouilla-t-elle. C'est que... je suis tellement contente. Tu es mon amie... et l'état dans lequel cette histoire t'avait plongée... Comprends-moi, je me faisais énormément de soucis.
– Pas de problème... le vieux n'est pas dans le réfectoire et les autres n'y comprendront rien. Mais... tu sais, il n'y avait pas que ça. La disparition de Cross m'a beaucoup affectée aussi. Tous ces incidents qui me sont tombés dessus les uns à la suite des autres... ça a été dur à gérer. Et ça l'est toujours. »

Elle perdit son sourire. Je savais que je ne n'aurais pas dû parler de mes problèmes avec elle. Qu'est-ce qui m'avait pris ?



16 août 1889 : Le passé, cette bête infâme. (Ayumi Hasegawa.)

Depuis bientôt une demi-heure, nous traînions, Shinta et moi, dans les nombreux couloirs de la Congrégation de l'Ombre. Le déménagement m'avait complètement désorientée et j'étais devenue tout bonnement incapable de retrouver mon chemin dans l'immense cathédrale dans laquelle nous venions d'emménager.
Shinta éternua, manquant de tomber à la renverse tant elle s'était pliée en deux. Cette fille était le parfait chat humanoïde. Tout dans ses gestes, son caractère et ses expressions nous amenait à la comparer à ces petites boules de poils. Des fois, elle miaulait ou feulait comme eux, et souvent je m'étais posée la question : faisait-elle aussi sa toilette en se léchant le corps ? Elle avait beau affirmer le contraire, rien ne nous le prouvait.
Enfin, toujours dans le genre félin, Shinta serait un chaton roux. Sa chevelure rouge formée de pics rebelles et sa petite taille nous obligeaient à penser ça.

« Tu aurais dû couvrir tes pieds, remarquai-je à son égard.
– J't'emmerde. La prochaine fois, je ne viendrai pas te voir et tu ne sauras pas si on a rompu ou pas avec Lavi, maugréa-t-elle en reniflant. »

J't'emmerde. Une expression qui lui était propre.
Malgré sa gentillesse, Shinta était extrêmement susceptible, pour notre plus grand malheur.

« C'est la combientième fois ?, demandai-je.
– Mh ?
– Que vous avez rompu.
– Ma vie sentimentale est si intéressante que ça ?, lança-t-elle en roulant les yeux.
– Plus que tu ne le crois. »

Elle se tourna vers moi et je lui souris. Je ne mentais pas en disant cela : elle avait vraiment une vie sentimentale palpitante ! Mais j'avais du mal à la suivre des fois, avec tous ces rebonds.

« Deux fois.
– Seulement ? »

Elle me dévisagea.

« Je le prends comment ?, siffla-t-elle en fronçant les sourcils.
– Avoue que vu le nombre de vos disputes, on pourrait croire que vous avez rompu plus de deux fois. »

Elle marmonna quelque chose que je n'entendis pas. Sûrement une autre de ses grossièretés.

« Ce n'est rien, ces disputes, comparés aux causes de nos ruptures. »

Oui, elle avait raison. Je me rappelais à quel point elle avait pleuré la première fois, maudissant le clan des Bookmen pour leurs stupides règles. Lavi lui avait promis de rester avec elle malgré cela, cependant sa conscience lui ordonnait de l'oublier, car il était un Bookman. C'est cette conscience qui l'avait torturé des jours durant parce qu'il s'obstinait à l'aimer, car il était un Bookman. C'est cette même conscience qui, le jour où il avait quitté mon amie, avait ressenti un soulagement sans pareil.
Pourtant, son c½ur en avait souffert, et il était revenu vers elle, sa conscience se rangeant de son côté, cette fois-ci.
La deuxième fois... était sûrement pire.
J'en frissonnai, préférant ne pas y penser. Cette histoire avait quelque chose de... malsain.

Nous bifurquâmes après une rangée de chambres pour arriver devant la sienne. J'entendis des bruits à l'intérieur, et un chat qui miaule.

« Bon, je te laisse ici, Ayu, me fit Shinta en souriant.
– Quand pensez-vous rentrer ?
– Dans une petite semaine. »

Le temps serait long. Trop long. J'espérai que Komui me donnerait une mission pour que je pusse m'occuper.



16 août 1889 : Histoires de train. (Lavi.)

Le paysage défilait derrière la vitre sale de notre compartiment. Nous n'allions pas tarder à arriver au port afin de prendre le bateau qui nous mènerait jusqu'en Angleterre.
Shinta dormait sur la banquette d'en face, la tête appuyée contre la paroi. Elle souriait. C'était si rare de la voir si apaisée dans son sommeil, elle qui avait souvent des nuits agitées. Elle était si belle, comme ça.
Le paysage changea. De la forêt ensoleillée par les rayons d'été, nous étions passés à une ville du nord de la France.
Je soupirai.
Basil, Willem et Elisabeth m'avaient énormément manqué cette année. Plus que les précédentes, je supposai.
Je soupirai.
Allions-nous leur dire ce qu'il s'était passé dernièrement, ou allions-nous faire comme si rien n'était arrivé ? Leur mentir, à eux qui avaient été ma première famille, m'était insupportable. Néanmoins, je ne pouvais me résoudre que tout leur révéler était la meilleure des solutions.
Je soupirai.

« À quoi penses-tu pour soupirer autant ? »

Je tournai la tête, regardant Shinta qui se frottait les yeux, à moitié réveillée.

« Au passé, répondis-je. »

Elle se renfrogna, croisant les bras sur sa poitrine.

« Pas à cette histoire, au moins ?
– Si... un peu, avouai-je, honteux. »

Je détournai le regard, n'osant affronter son courroux. Mais aucun cri ne se fit entendre. Au lieu de ça, je la sentis s'installer à côté de moi, lovant sa tête dans le creux de mon cou.

« Tu es bête. »

Ca faisait toujours plaisir à entendre, merci mon ange.
Je l'entourai de mon bras. De toute manière, cela ne servait à rien de s'énerver avec elle : Shinta avait toujours le dernier mot.

Une dispute éclata dans le couloir. Une voix d'homme, et celle d'une femme se firent entendre dans des cris violents. Un coup sourd résonna, faisant trembler la porte du compartiment et Shinta se leva, inquiète.

« Ils parlent en espagnol, murmura-t-elle, cependant assez fort pour que je l'entendisse. »

Elle se mit à trembler et je la rattrapai avant qu'elle ne tombe.

« Qu'est-ce qu'il y a ?!, m'écriai-je, horrifié par la pâleur que prenait son visage.
–Une simple chute de pression. Mes comprimés sont dans ma valise. »

Je la fis s'asseoir et descendit sa valise du porte-bagage pour chercher ses médicaments. Je les lui tendis et, une fois le tout rangé, ouvrit la porte du compartiment pour aller aux nouvelles.
D'un côté, un homme coiffé d'un haut-de-forme s'en allait, alors que de l'autre, sa compagne -je présumai- me faisait dos et regardait par la fenêtre.
Elle devait être un peu plus petite que moi et la robe qu'elle portait était du même prune que ses cheveux, relevés en chignon. Elle serrait ses mains gantées si fortement que je me demandais si elles n'allaient pas être marquées à vie.
Subitement, je me fis happer dans le compartiment et la porte se referma. Shinta me foudroyait du regard, les poings sur les hanches et le pied martelant le sol.

« Encore en train de reluquer ces demoiselles ?, m'accusa-t-elle.
– Mais non ! Qu'est- ce qui te fait croire ça ?
– Le temps que tu mettais à analyser la situation, Bookman Junior ! »

Elle me bouscula pour aller s'affaler sur la banquette, croisant furieusement les bras, le regard tourné vers l'extérieur.
J'inspirai profondément. Cette fille était d'une jalousie maladive. Mais je ne pouvais rester en de mauvais termes avec elle. Je m'assis donc à ses côtés et posa une main sur sa jambe. Elle se détourna un peu plus de moi.

« Chaton... tu crois vraiment que c'est le moment de se faire la gueule ? Et l'endroit ? Tu sais que je t'aime, sinon je n'aurais pas fait tous ces sacrifices. »

Elle ne répondit rien. Seul le bruit de train cheminant sur les railles brisait le silence qui s'était installé entre nous.

« Mei, dis à Lavi que s'il veut que j'arrête de le bouder, il doit faire plus que se morfondre en excuses. »

Elle recommençait. Mei était son Innocence et lui servait souvent d'intermédiaire lors de nos disputes. Elle n'apparut pas, mais sa voix résonna, comme sortie d'outre-tombe.

« Shinta dit que si tu veux qu'elle arrête de te bouder, tu dois...
– Oui ça va ! J'ai compris... grognai-je. Et que veut ma Princesse ?
– Un verre de lait. Je n'ai pas pu finir celui de ce matin. »

J'explosai de rire et la prit dans mes bras. Autant des fois, elle demandait la lune, autant d'autres ses exigences étaient des plus faciles à satisfaire. Je lui embrassai le front et m'apprêtai à rejoindre le wagon-restaurant, quand sa main retint la mienne.

« En fait, je préfère que tu restes. »

Son ton boudeur aux nuances d'arrogance avait fait place à une petite voix timide, si rare chez elle.
Je souris et retournai auprès d'elle, la laissant se blottir contre moi.
Fermant les yeux, elle commença à fredonner des notes. Elles s'amplifièrent, devenant une mélodie entraînante et pleine de joie.
Une mélodie si pure, comme le chant d'un ange.


# Posté le jeudi 15 janvier 2009 16:19

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 16:06